Il nous fallut en effet 17 heures de port(e) à port(e) pour rallier Brest à Lorient. Nous nous retrouvâmes à 6 heures ce matin à Brest sur le bateau DCNS avec Marc Thiercelin, deux membres de son équipe (Bambino et Lalou Roucayrol), ainsi qu’Yves Picart, l’ingénieur de DCNS qui coordonna les contributions techniques du Groupe à la construction du bateau. Nous prîmes la mer à 6h30 et parvînmes à Lorient… dix-sept heures plus tard à 23h30.

Lalou est le dernier membre à avoir rejoint l’équipe de Marc. Ancien skipper du trimaran Banque Populaire, il apporte son exceptionnelle expérience, son expertise technique et sa capacité à faire « performer » un bateau en vitesse pure. Comme Bambino, il conjugue en outre une compétence hors pair avec une gentillesse de chaque instant et l’envie de partager son expertise de manière fort pédagogique.

Notre convoyage se déroula dans un vent très calme – parfois même parfaitement atone – et nous ne dépassâmes pas les 12 nœuds de vitesse de pointe. Cela ne m’empêcha pas d’admirer la technicité d’un 60 pieds de dernière génération et la complexité des manœuvres que requiert son maniement. Cette complexité, déjà importante avec plusieurs membres d’équipage dans un temps calme, laisse imaginer ce que le pilotage d’un tel engin peut représenter pour un homme seul dans les mers du Sud…

Le moment le plus mémorable de ce convoyage restera notre rencontre, une vingtaine de milles avant Lorient, avec un groupe d’une douzaine de dauphins qui suivit le bateau durant une dizaine de minutes, s’amusant à slalomer autour du 60 pieds, passant d’un bord à l’autre à une vitesse et avec une habileté déconcertantes. Les dauphins semblaient aimer le « poisson volant » et nous le leur rendîmes bien. Dans Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, Michel Audiard fait dire à l'un des héros - André Pousse, je crois - que "un pigeon, c'est plus con qu'un dauphin, d'accord... mais ça vole". Je pensais à cette célèbre réplique en observant les dauphins et me disais que, n'en déplaise au génial dialoguiste, la beauté et l'intelligence des dauphins ne pouvaient être remises en cause du fait de leur incapacité à voler. :-)




















Photos d'Yves Picart